Un travail intéressant viens de paraître concernant la stabilité des transposons et leur silençage[1]. Un compte-rendu en français est disponible. Ce travail mets en évidence un effet de position sur le silençage épigénétique
Un processus naturel de défense qui n'existait plus dans certaines variétés de maïs a pu être restauré par génie génétique. Il s'agit de la faculté de la plante à envoyer un signal de détresse odorant qui attire des ennemis d'un ravageur de racines. Fruit d'une collaboration de longue date entre l'Université de Neuchâtel et l'Institut Max Planck (MPI) pour l'écologie chimique à Iéna (Allemagne), cette étude menée dans cadre du Pôle de recherche national (NCCR) Survie des plantes concilie pour la première fois avec élégance biotechnologie et contrôle biologique des cultures. Elle est publiée en ligne dans la prestigieuse revue américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).
La notion d'équivalence substantielle est (ou devrait être) à la base de l'évaluation des variétés végétales transgéniques (PGM); un papier récent de notre collègue Marcel Kuntz montre que les technologies actuelles les plus sophistiquées ne mettent en évidence aucune différence entre les variétés végétales issues des techniques conventionnelles et celles issues des nouvelles biotechnologies.

Les nouvelles techniques d’analyses appelées transcriptomique, protéomique et métabolomique visent à visualiser, respectivement, l’expression de tous les gènes (transcrits), toutes les protéines et tous les petits composés chimiques (métabolites) présents dans un organisme ou une partie de l’organisme. Ces techniques « omiques » ont été récemment utilisées pour l’analyse des plantes génétiquement modifiées (PGM) (transgéniques) quant à leur sécurité sanitaire et leur équivalence nutritionnelle. Dans un article scientifique récent[1], Kuntz et al. ont passé en revue 44 publications décrivant des comparaisons « omiques » de PGM avec des lignées non-GM de référence.
Toutes les trois approches « omiques » concluent de manière convergente :
- que la transgénèse a moins d’impact sur l’expression des gènes ou sur les niveaux de protéines ou de métabolites que la variabilité générée par l’amélioration conventionnelle des plantes (qui est généralement considérée comme sûre) dans les variétés déjà existantes.
- que les changements naturels de l’environnement (d’un champ à l’autre par exemple) ont généralement un impact plus prononcé que la transgénèse.
- qu'aucune des publications sur les évaluations de type « omique » ne conclut à des inquiétudes quant à la sécurité sanitaire des PGM mises sur le marché.
Implications:
- Ces méthodologies à grande échelle confirment, en appoint et indépendamment, la sécurité sanitaire des aliments dérivés de PGM.
- La connaissance scientifique générée indique que le poids réglementaire pesant sur les PGM devrait être réduit.
- Leur intégration systématique dans les processus d’évaluation réglementaire avant mise sur le marché ne peut être recommandée en l’état, car ce sont aujourd’hui des outils de recherche fondamentale et non d’analyse de routine.
Deux articles détaillant les résultats d'une comparaison entre nourriture contenant du maïs Bt et son équivalent non transgénique viennent d'être publiées [1] & [2]. La première étude effectuée en Allemagne concerne 36 vaches laitières nourries pendant 25 mois avec du maïs OGM (Bt-MON810), la seconde étude est américaine et concerne un nouveau maïs-Bt résistant au glufosinate inclus dans la nourriture de 30 vaches laitières. Comme on pouvait s'y attendre aucune de ces études ne montre une quelconque différence entre une nutrition à base de maïs Bt et de maïs conventionnel.
