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Critique de l'étude comparative du FIBL

Dans une page récente (datée du Mercredi 4 janvier 2012) de son blog "Imposteurs" Anton Suwalki publie une analyse du fameux papier du FIBL (Forschung Institut für Bio-Landbau) paru dans la revue Science il y a 10 ans [1] et de la publication de vulgarisation du FIBL intitulée "Le bio améliore la fertilité du sol et la biodiversité.".
Cette analyse est très critique et fait suite à d'autres publiées à l'époque; la version originale de cet article est citée 481 x (selon Web of Science).
Le travail du FIBL reste très respectable mais il est vrai que son statut hybride qui en fait à la foi une institution publique (libre de ses actes) et privée (dépendante de ses contributeurs) fait que le style de ses publications se caractérise par une auto-satisfaction assez éloignée de la réalité moins brillante et des succès mitigés de l'agriculture biologique.

Bibliography
1. Soil Fertility and Biodiversity in Organic Farming, Paul Maeder, Andreas Fliessbach, David Dubois, Lucie Gunst, Padruot Fried and Urs Niggli, Science 31 May 2002: Vol. 296 no. 5573 pp. 1694-1697 DOI: 10.1126/science.1071148
Paru en version française.

Publication d'un article de revue de notre collègue Marcel Kuntz [1]

Compte rendu du Blog de Marcel Kuntz [http://www.marcel-kuntz-ogm.fr]

Résultats : Contrairement aux allégations souvent entendues, notre article démontre que des études à long terme sur la sécurité sanitaire des OGM ont bien été réalisées (nourrissage d'animaux).
Ces études concernent des lignées GM de maïs, pomme de terre, soja, riz et triticale. Elles appartiennent à deux catégories :

  • 12 études toxicologiques de longue durée, c'est-à-dire d'une durée supérieure (jusqu'à 2 ans) aux 90 jours classiquement utilisés dans les tests de toxicité appliqués aux OGM,
  • 12 études sur plusieurs générations d'animaux .

Conclusions : Ces études, toutes réalisées par des laboratoires publics, ne révèlent aucun problème sanitaire lié à la consommation à long terme de nourriture dérivée d'OGM.
Elles confirment ce qu'ont toujours dit les toxicologues, à savoir que dans les cas où des études de toxicité subchronique sont jugées nécessaires, allonger la durée de nourrissage des animaux au-delà de 90 jours n'apporte aucun élément d'information supplémentaire.

En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. George Orwell

Il ne reste aujourd'hui plus d'espace scientifique pour craindre un risque sanitaire inhérent à la nature « génétiquement modifiée » des variétés commercialisées - après évaluation des risques telle qu'elle est pratiquée.

Celle-ci repose sur une méthode comparative avec des variétés reconnues sûres. Elle implique différents niveaux d'examen, du laboratoire jusqu'au champ. L'évaluation réglementaire (selon des normes internationales), et en particulier les études toxicologiques, n'étant que la dernière étape d'un processus « pas-à-pas » et « cas-par-cas ».

Des conclusions confortées par des approches différentes : Dans un article scientifique précédent, nous avons passé en revue 44 publications décrivant des profilages à grande échelle d'OGM. Ces nouvelles techniques d'analyses ont pour but de visualiser l'expression de tous les gènes, toutes les protéines et tous les petits composés chimiques (métabolites) dans un organisme donné.

  1. aucune de ces publications ne conclut à un problème de sécurité sanitaire pour les OGM mis sur le marché.
  2. la transgénèse a moins d'impact sur les plantes que la variabilité génétique générée par l'amélioration conventionnelle des plantes dans les variétés déjà existantes.
  3. les changements naturels de l'environnement (d'un champ à l'autre par exemple) ont généralement un impact plus prononcé sur les plantes que la transgénèse.
Bibliography
1. Assessment of the Health Impact of GM Plant Diets in Long-Term and Multigenerational Animal Feeding Trials: a Literature Review, par Chelsea Snell, Aude Bernheim, Jean-Baptiste Bergé, Marcel Kuntz, Gérard Pascal, Alain Paris, Agnes Ricroch,Food and Chemical Toxicology 2011.

Une bibliographie des premiers résultats publiés du PNR59 sont disponibles sure le site du programme. On peut regretter que les textes de la plupart de publications ne soient pas librement disponibles, mais droit des éditeurs oblige (!!!). Nous reviendront sur certains de ces travaux et mettrons à disposition de nos membre les publications en relation avec ceux-ci, donc patience.
L'intérêt des travaux effectué est considérable tant au plan politique que scientifique; la Suisse a fait là oeuvre de pionnière, il faut s'en féliciter.

Premiers résultats du PNR59 by zrydzryd, 01 Dec 2011 12:21

Les expériences en champ réalisées dans le cadre du PNR59 ont permis d'évaluer la résistance du blé transgénique à l'oïdium [1].
Dans de nombreux cas les gènes de résistance R ne confèrent pas de résistance durable. Une stratégie possible pour rendre l'utilisation des gènes R plus durable consiste en une modification des gènes R suivie d'une transformation de la plante (ici le blé). Dans le projet du PNR59, le gène de résistance contre l'oïdium Pm3b a été placé sous le contrôle du promoteur de l'ubiquitine du maïs. 3 ans d'essais ont montrés que la résistance à l'oïdium a été significativement améliorée dans toutes les lignées transgéniques aussi bien en serre que sur le terrain (en champ), à la fois suite à une infection naturelle ou après inoculation artificielle du pathogène. En fonction des conditions d'essais en champ, mais jamais en serre, trois des quatre lignées transgéniques ont montré des effets pléïotropiques sur l'épi et la morphologie des feuilles. La lignée sur-exprimant le plus fortement le gène Pm3b a montré les effets les plus marqués, ce qui suggère une corrélation entre le niveau d'expression et changements phénotypiques. Il y a donc des pistes à explorer dans la direction des promoteurs (tissus-spécifiques ou modulables).
Si il fallait une preuve de l'importance des essais en champ elle est bien démontrée par ces résultats. Les agronomes le savent depuis longtemps.

Bibliography
1. Brunner, S., Hurni, S., Herren, G., Kalinina, O., von Burg, S., Zeller, S. L., Schmid, B., Winzeler, M. and Keller, B. , Transgenic Pm3b wheat lines show resistance to powdery mildew in the field. Plant Biotechnology Journal, no. doi: 10.1111/j.1467-7652.2011.00603.x (disponible ICI avec le mot de passe habituel)
Résistance à l'oïdium by zrydzryd, 01 Apr 2011 09:46
Re: La politique des peurs by zrydzryd, 29 Mar 2011 07:12

Deux articles détaillant les résultats d'une comparaison entre nourriture contenant du maïs Bt et son équivalent non transgénique viennent d'être publiées [1] & [2]. La première étude effectuée en Allemagne concerne 36 vaches laitières nourries pendant 25 mois avec du maïs OGM (Bt-MON810), la seconde étude est américaine et concerne un nouveau maïs-Bt résistant au glufosinate inclus dans la nourriture de 30 vaches laitières. Comme on pouvait s'y attendre aucune de ces études ne montre une quelconque différence entre une nutrition à base de maïs Bt et de maïs conventionnel.

Bibliography
1. Steinke K, Guertler P, Paul V, Wiedemann S, Ettle T, Albrecht C, Meyer HH, Spiekers H, Schwarz FJ. Effects of long-term feeding of genetically modified corn (event MON810) on the performance of lactating dairy cows. J Anim Physiol Anim Nutr (Berl). 2010 Jun 22 [Epub ahead of print]. PMID: 20579187
2. M.J. Brouk, B. Cvetkovic, D.W. Rice, B.L. Smith, M.A. Hinds, F.N. Owens, C. Iiams, T.E. Sauber Performance of lactating dairy cows fed corn as whole plant silage and grain produced from genetically modified corn containing event DAS-59122-7 compared to a nontransgenic, near-isogenic control Journal of Dairy Science Volume 94, Issue 4 , Pages 1961-1966, April 2011

La notion d'équivalence substantielle est (ou devrait être) à la base de l'évaluation des variétés végétales transgéniques (PGM); un papier récent de notre collègue Marcel Kuntz montre que les technologies actuelles les plus sophistiquées ne mettent en évidence aucune différence entre les variétés végétales issues des techniques conventionnelles et celles issues des nouvelles biotechnologies.

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Les nouvelles techniques d’analyses appelées transcriptomique, protéomique et métabolomique visent à visualiser, respectivement, l’expression de tous les gènes (transcrits), toutes les protéines et tous les petits composés chimiques (métabolites) présents dans un organisme ou une partie de l’organisme. Ces techniques « omiques » ont été récemment utilisées pour l’analyse des plantes génétiquement modifiées (PGM) (transgéniques) quant à leur sécurité sanitaire et leur équivalence nutritionnelle. Dans un article scientifique récent[1], Kuntz et al. ont passé en revue 44 publications décrivant des comparaisons « omiques » de PGM avec des lignées non-GM de référence.

Toutes les trois approches « omiques » concluent de manière convergente :

  • que la transgénèse a moins d’impact sur l’expression des gènes ou sur les niveaux de protéines ou de métabolites que la variabilité générée par l’amélioration conventionnelle des plantes (qui est généralement considérée comme sûre) dans les variétés déjà existantes.
  • que les changements naturels de l’environnement (d’un champ à l’autre par exemple) ont généralement un impact plus prononcé que la transgénèse.
  • qu'aucune des publications sur les évaluations de type « omique » ne conclut à des inquiétudes quant à la sécurité sanitaire des PGM mises sur le marché.

Implications:

  • Ces méthodologies à grande échelle confirment, en appoint et indépendamment, la sécurité sanitaire des aliments dérivés de PGM.
  • La connaissance scientifique générée indique que le poids réglementaire pesant sur les PGM devrait être réduit.
  • Leur intégration systématique dans les processus d’évaluation réglementaire avant mise sur le marché ne peut être recommandée en l’état, car ce sont aujourd’hui des outils de recherche fondamentale et non d’analyse de routine.
Bibliography
1. Evaluation of genetically engineered crops using transcriptomic, proteomic and metabolomic profiling techniques Agnès E. Ricroch, Jean B. Bergé & Marcel Kuntz Plant Physiology (on line 24 Feb 11).
Equivalence substantielle by zrydzryd, 26 Feb 2011 08:14

Le FNRS a publié un document1sur les coûts engendrés par les systèmes de sécurité rendus nécessairse par la présence de groupe d'activistes anti-OGM (activistes soutenus par l'extrême gauche et tolérés par les milieux écologistes) - Ces systèmes constituent plus que les coûts cumulés des travaux administratifs et mesures de biosécurité exigés par la loi. [1]

Bibliography
1. Government regulation and public opposition create high additional costs for field trials with GM crops in Switzerland Transgenic Research, doi: 10.1007/s.11248-011-9486-x disponible ICI avec mot de passe
Effets indésirables by zrydzryd, 21 Feb 2011 18:35

Sur France-Culture du 3 février 2011 dans l'émission "Les pieds sur terre"1.
Claude Menara en discussion avec un faucheur d'OGM - très intéressant …
A écouter ICI ou sur le site de France-Culture

Faucheurs / fauchés by zrydzryd, 10 Feb 2011 09:11

La structure des communautés aphides–parasitoïdes sur des blés modifiés génétiquement

Enfin une expérience en champ (Université de Zürich, Institut für Evolutionsbiologie und Umweltwissenschaften et Agroscope [1] ) qui nous change des expériences en laboratoire et qui amène à des résultats intéressants:

Portant sur une période de 2 ans cette expérience a montré une variabilité significative de la structure des communautés d'insectes entre les différentes variétés de blé étudiées (transgéniques et non-transgéniques) ainsi qu'entre les deux années d'études. Les variétés de blé OGM résistantes au mildiou n'ont pas eu un effet typique qui permettrait de les distinguer des variétés non-OGM. Les conclusions de cette étude sont que la culture de blé OGM n'a pas d'effet significatif sur la structure des populations d'insectes et que les effets écologiques potentiels sont négligeables.

Rappelons ici que les chercheurs de l'Agroscope avaient publié en 2007 une compilation des recherches effectués sur l'impact écologique des OGM qu'il vaut la peine de relire [2].

Bibliography
1. Simone von Burg, Frank J. F. van Veen, Fernando Álvarez-Alfageme and Jörg Romeis "Aphid–parasitoid community structure on genetically modified wheat" Published online before print January 19, 2011, doi: 10.1098/rsbl.2010.1147 Biol. Lett. ( à charger depuis http://bit.ly/eNwer6 )
2. Sanvido O, Romeis J, Bigler F. "Ecological impacts of genetically modified crops: ten years of field research and commercial cultivation" Adv Biochem Eng Biotechnol. 2007;107:235-78.

A propos de notre titre voir ce blog en date du 25 janvier 2011 : Du conflit d’intérêt (ou « votre chèque, je l’attends toujours »)

Le procès Seralini contre Fellous a donc trouvé son issue dans un jugement de la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris qui a estimé que l'imputation faite au chercheur français "d'avoir failli à son obligation de probité intellectuelle en raison de sa dépendance à l'égard de Greenpeace, dont il recevrait une aide financière pour ses travaux" était bien diffamatoire.

La condamnation de Marc Fellous n'est pas liée à
ses affirmations selon lesquelles:

  1. Les sois-disant résultats de Seralini et consorts n'ont jamais été confirmés par la communauté scientifique
  2. Seralini est un militant anti-OGM plus qu'un scientifique
  3. Seralini est un "marchand de peur" qui vend sa marchandise à notre société

mais au fait que Marc Fellous a dit:

  1. Seralini est financé en partie par Greenpeace et ne peut donc être un scientifique totalement indépendant1
Conflits d'intérêt by zrydzryd, 21 Jan 2011 18:05

Intéressant interview de Philippe Kourilsky dans le dernier numéro de "Terra Eco" du 17 déc. 2010.
Vous pouvez charger le fichier pdf ICI (avec mot de passe disponible sur demande).

" … C’est une idéologie qui s’est construite comme une religion avec des ayatollahs qui se permettent d’aller détruire illégalement des champs de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). Ce que les écologistes radicaux ont réussi à faire, c’est détruire la recherche. En France et en Europe, elle n’existe quasiment plus parce que les scientifiques en ont assez de prendre des coups et de voir leur travail illégalement détruit."

L'émission de radio suisse romande (La première) ON EN PARLE a diffusé une séquence de 15 minutes environ intitulée:

A la recherche des bons OGM - 30.11.2010 - mardi 30 novembre 2010 09:06

Sophie Proust part à la chasse aux bons organismes génétiquement modifiés (OGM).
Malgré les frondes lancées contre les OGM, existe-t-il des versions qui ne présentent pas de risques pour l'environnement, qui ne sont pas le fruit d'une motivation uniquement commerciale et qui pourraient même présenter des progrès.
Cette séquence est disponible sur le site de la RTS ou local ICI
Y sont interviewés, le soussigné et GE Seralini !
On attend vos commentaires ………………………

Médias : On en parle by zrydzryd, 07 Dec 2010 15:15

Un nouveau blog hébergé par Mediapart "La faucille et le labo" mérite qu'on s'y arrête.
Devant la dérive des média (français en particulier, mais les suisses ne sont pas à l'abri) sur le sujet des OGM, il est bon de s'indigner. Yann Kindo l'auteur se présente comme: Enseignant en histoire géographie, chercheur en histoire du communisme et des sciences.
Si son article ne fait que reprendre ce qui ce dit déjà sur d'autres sites (http://imposteurs.over-blog.com/ par exemple) il est intéressant dans la mesure ou il fourni une série de lien sur les médias (journaux, radios et TV) dont il rapporte les parfois ahurissantes productions.
Le nombre élevé de commentaires à ce blog reflète l'intérêt du sujet et permet un défoulement qui illustre assez bien la paranoïa créée par bientôt 15 ans de non-information.
Allez-y voir.

Un intéressant compte rendu [1] de la BeltwideCotton Conference (New Orleans 4-7 janvier 2010) est paru dans les Cahiers de l'agriculture. Il met en exergue les difficultés liées à la culture de coton résistant aux ravageurs et aux herbicides. En voici les conclusions principales (telles que rédigées par l'auteur de ce document M. Fok)

  1. Les variétés de coton transgénique actuellement cultivées ne résolvent pas définitivement les problèmes des ennemis de la culture, parce que de nouveaux ennemis sont apparus (insectes ravageurs et plantes adventices). En conséquence, leur utilisation n’a pas permis deréduire durablement l'emploi des pesticides chimiques, redevenus nécessaires. Cet emploi est aujourd’hui coûteux et exige un haut degré de maîtrise technique, du fait de la nouveauté des molécules pesticides à utiliser et de la dépendance de leur efficacité aux conditions d'utilisation.
  2. Le contrôle des ennemis de la culture par l’utilisation de variétés transgéniques est devenu globalement plus coûteux, tant par l'augmentation continue du prix des semences que par les pesticides à utiliser en complément. Dès lors, le sentiment de confort qui prévalait au début de cette utilisation est remplacé par un sentiment d'incertitude sur l'efficacité et la rentabilité de ce contrôle.
  3. Les solutions de contrôle par la chimie ou les biotechnologies se révèlent être complémentaires. De surcroît, la concurrence entre les firmes au sein de chacune des deux branches est seulement virtuelle, soit par la non substituabilité des nouveaux pesticides chimiques, soit par l'entente possible entre les firmes de biotechnologies.

Relevons cependant que l'auteur n'estime pas le coût d'un retour aux variétés "traditionnelles" ni celui de la culture du coton "BIO". Cela reste à faire pour que l'argumentation soit complète et les stratégies à mettre en place puissent être identifiées.

Bibliography
1. Fok M. Autant en emporte la culture du coton transgénique aux Etats-Unis… Cah Agric 2010 ; 19 : 292-8. DOI : 10.1684/agr.2010.0406. - Disponible ici (avec mot de passe): Gone with the wind
Bilan du coton Bt aux USA by zrydzryd, 16 Sep 2010 05:59

La science en marche: dans un récent papier consacré au hamster Phodopus campbelli [1] intitulé : "A New Example of Ectopia: Oral Hair in Some Rodent Species", il est dit dans le paragraphe conclusif: "This pathology may be exacerbated by elements of the food that are absent in natural food, such as genetically modified (GM) ingredients (GM soybean or maize meal) or contaminants (pesticides, mycotoxins, heavy metals, etc.)". Bien entendu, sous matériel et méthode il est bien précisé que les animaux examinés: "All examined rodents received the standard diet developed in the Severtsov Institute of Ecology and Evolution; the food contained oats and compound food for rodents". Qui plus est les auteurs affirment que ce type de pathologie est présente chez d'autres espèces de rongeurs. Il n'est nul part question d'une alimentation à base d'OGM. Mais un nouveau mythe urbain vient de naître et fait la une des journaux.

Bibliography
1. ISSN 0012-4966, Doklady Biological Sciences, 2010, Vol. 431, pp. 117–120. © Pleiades Publishing, Ltd., 2010. Original Russian Text © A.S. Baranov, O.F. Chernova, N.Yu. Feoktistova, A.V. Surov, 2010, published in Doklady Akademii Nauk, 2010, Vol. 431, No. 4, pp. 559–562.

Cet article est disponible pour les membres de notre WIKI : ICI

A propos de poils by zrydzryd, 03 Sep 2010 09:09

Soixante-dix pieds de vigne transgénique résistante au court-noué ont été fauchés dimanche 15 août 2010 vers 5 h du matin, par une soixantaine de militants opposés aux organismes génétiquement modifiés (OGM). Il s'agissait d'un champ expérimental de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), situé à Colmar dans le Haut-Rhin. (http://yhoo.it/cN3SnG).
La destruction de l'essai chéri de l'INRA est maintenant totale; comme le confirment les responsables, il sera difficile de recommencer. On se rappellera avec intérêt que cet essais se voulait d'abord une expérience citoyenne soutenue par toute une équipe de sociologue et largement médiatisée par Pierre-Benoît Joly, dont acte (http://joyeuserrance.wordpress.com/).
L'impunité quasi totale dont jouissent les faucheurs et autres saccageurs des cultures et assez troublante. Alors que les frais occasionnés par les mesures de sécurités, les remise en état des cultures s'élèvent pour des essais de ce type à plusieurs centaines de milliers de francs (ou d'Euros), les amendes ne dépassent pas quelques milliers de francs dans le meilleurs des cas.
L'attitude ambiguë des pouvoirs publiques et des responsables politiques à l'égard des biotechnologies, approuvées d'un côté, décriées de l'autre. Une mauvaise appréciation des risques réels de ces technologies rarement mis en regards des avantages qu'elles procurent et pourront procurer à l'agriculture et à l'environnement constitue sans doute le problème majeur.
Wait and see …..

"OGM cachés" : on ne change pas une stratégie qui marche

Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /2010 17:04
Par Marcel Kuntz -Publié dans : Politique, Idéologies et business

N’ayant plus de cultures d’OGM a détruire en France, les anti-OGM se sont trouvé un nouvel ennemi : des « faucheurs volontaires » ont coupé samedi 24 juillet 2010, à Sorigny et à Saint-Branchs (Indre-et-Loire), des tournesols présentés comme « mutés » et tolérant aux herbicides. Ils ne s’agit pas d’OGM, mais les opposants les appellent « OGM-cachés » pour continuer à exploiter l’argumentaire mis au point contre les OGM et mobiliser leurs sympathisants.

Précisions sur les variétés améliorées par mutagénèse

Dans la nature, la mutation est un des moteurs de l'évolution et de la biodiversité. Elle constitue aussi une ressource indispensable pour la sélection dans laquelle les agriculteurs puis les sélectionneurs ont puisé pour des variétés améliorées.
Le sélectionneur peut accélérer l’apparition de mutations et sélectionner le caractère recherché dans la descendance (on parle alors de mutagénèse).
A NOTER : la résistance aux herbicides imidazolinones chez le tournesol (appellation Clearfield), incriminées par les opposants, est en fait issue de mutation spontanée (apparue dans des repousses de tournesol). Les variétés Express Sun, tolérant elles-aussi un herbicide, mais différent, sont issues de mutagénèse volontaire.
DE PLUS : les nouveaux tournesols herbicide-tolérants aident à combattre l'ambroisie, une plante extrêmement allergisante.
EN RESUME: Des centaines de variétés utilisées en agriculture conventionnelle et biologique sont soit directement issues de mutagénèse, soit possèdent dans leurs ancêtres des variétés ayant bénéficié de cette technique. La mutagénèse est d'autre part exclue de la Directive européenne sur les OGM.

Pourquoi la mutagénèse n'est pas de la transgénèse (Ni OGM, ni cachés).

A NOTER AUSSI : la destruction de Sorigny a en fait touché une variété 'oléique' riche en huile. Les variétés oléiques, issues de mutagénèse, sont aussi utilisées en agriculture biologique !

En demandant « que la réglementation des OGM transgéniques s’applique aussi aux 'OGM' obtenus par mutagenèse, fusion cellulaire ou toute autre manipulation du vivant », les opposants, qui sont avant tout des anti-capitalistes radicaux, espèrent arriver, pour toute la sélection variétale, et par effet de cascade à toutes les grandes cultures agricoles, au même sabotage économique que celui qu’ils ont si bien réussi contre les OGM.

L’argumentaire est le même : contre la « nouvelle privatisation des semences qui représente encore une fois une stratégie de confiscation du vivant par les firmes ». C’est fallacieux (lla mutagénèse est pratiquée de longue date et ne change pas les règles de reproduction des semences) mais possède un fort pouvoir de mobilisation chez les esprits protestataires anti-capitalistes.

La rhétorique sur des « effets non intentionnels susceptibles de provoquer des dommages importants à la santé…» est sans base factuelle, mais vise a effrayer le consommateur (qui ne sait pas qu’il mange des « mutants » depuis toujours…).

La génétique pour les nuls by zrydzryd, 28 Jul 2010 14:49

Les essais en plein champ sont nécessaires

Une nouvelle publication issue du PNR59 vient de paraître. Elle fait état des premiers résultats obtenus à partir des essais en champ de blé transgénique résistant au maladies fongiques effectués à la station fédérale de recherche agronomique de Waedenswil-Reckenholz à partir de 2008. Pour mémoire rappelons que ces essais avaient été partiellement saccagés par des militants anti-OGM.

Ces expériences montrent clairement qu’il n’est pas toujours possible d’identifier dans l’environnement protégé de la serre, les plantes qui seront capables de s’imposer aussi en environnement naturel. Les rapports complexes entre végétaux et environnement ne se révèlent que dans le cadre de l’essai en plein champ [1].

Telle est la conclusion de l'une des premières publication du PNR 59

Bibliography
1. Zeller Simon , Kalinina O., Brunner S., Keller B. und Schmid B. (2010). Transgene × Environment Interactions in Genetically Modified Wheat. PlosOne online -

« Contre les OGM, les monocultures, la technocratie et le capitalisme! La lutte continue. »

La méchante bêtise et l'une de ses manifestation, le déni de personne, ne connaissant pas de frontière il n'est pas étonnant que les éco-terroristes se soient manifestés en Suisse à Zürich, le 29 juin 2010, par une attaque à caractère personnel envers notre collègue Wilhelm Gruissem et sa famille. Un article de la NZZ du 18 juillet 2010 (en allemand) fait le point de la situation. Peu de protestations fermes de la part des milieux anti-OGM qui voient même dans cet acte isolé un "acte de courage citoyen"; le site romand du lobby anti-OGM "stop ogm" passe sous silence cette information. Le parti POP vaudois (nom local du parti communiste) qui encourage systématiquement les déprédations des champs d'essais de Pully parle ainsi. "…Une belle réponse, nécessaire et légitime, à ces expérimentations d’apprentis-sorciers préparant la privatisation du vivant sous couvert de recherche scientifique. Le tout, bien entendu, se déroulant sous le regard très intéressé des multinationales de l’agro-chimiques, lesquelles sont d’ailleurs - comme ne cessent de le dénoncer les opposants - partie prenante au projet via les mandats privés du Prof. Gruissem…".
Le conseiller national POP Joseph Zysiadis avait en son temps déposé au Conseil National une interpellation dans laquelle il faisait état d'une théorie du complot : "… Quelle est la nature exacte des liens entre le professeur Gruissem, respectivement les chercheurs du site de Pully, et des intérêts privés? Ainsi que les conséquences que de tels liens peuvent avoir sur l'indépendance de la recherche menée à Pully? …".
Il y a dans toute cette rhétorique, apparemment anodine, une incontestable incitation à la violence qui rappelle les beaux jours du fascisme (et ce n'est peut-être pas une coïncidence).

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